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Réglementation & conformitéLa rédaction ERP Conseil · 4 min de lecture

Facturation électronique : 20 millions de factures, un quart sans plateforme

Date du fait

Le premier comité de suivi de la réforme de la facturation électronique s'est réuni le 8 octobre 2026, un peu plus d'un mois après l'entrée en vigueur de l'obligation de réception. Le ministère de l'Action et des Comptes publics y a présenté un bilan chiffré et confirmé l'absence de sanction en 2026. Dans le même temps, un baromètre Ipsos BVA montre une adhésion des dirigeants en recul et une préparation très faible à l'échéance de septembre 2027.

Les chiffres présentés par Bercy

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. Les grandes entreprises et les ETI doivent également les émettre sous ce format.

Selon les chiffres du ministère, arrêtés au 4 octobre et relayés par l'AFP, plus de 20 millions de factures ont été échangées depuis le démarrage, pour un montant total supérieur à 70 milliards d'euros. Trois entreprises assujetties sur quatre avaient désigné une plateforme de réception. Environ 150 plateformes sont proposées sur le marché.

La progression est nette par rapport au point d'étape présenté le 16 septembre au congrès de l'Ordre des experts-comptables, qui faisait état de 70 % d'entreprises équipées et de 5 millions de factures pour plus de 15 milliards d'euros. Il reste qu'au 4 octobre, un quart des entreprises assujetties n'avait toujours pas désigné de plateforme de réception.

Le ministre David Amiel a confirmé qu'aucune sanction ne serait appliquée avant la fin de 2026. Deux engagements ont été pris : une mise à jour du guide pratique de démarrage publié sur impots.gouv.fr dans un délai de deux semaines, et un deuxième comité de suivi avant la fin de l'année.

Les difficultés remontées par les organisations professionnelles

Les organisations patronales, les experts-comptables et les réseaux consulaires présents au comité ont pointé plusieurs points de friction : le manque de lisibilité et le coût des offres des quelque 150 plateformes, la difficulté à changer de prestataire, et l'adaptation des logiciels de gestion existants. Les grandes entreprises ont signalé des erreurs dans la transmission des statuts de factures entre plateformes. Le ministre a reconnu ces problèmes d'interopérabilité et de coût.

Le baromètre réalisé par Ipsos BVA pour Kolecto auprès de 503 dirigeants, interrogés du 1er au 18 septembre 2026, apporte un éclairage complémentaire. Les incidents techniques ont été moins nombreux que redouté : 21 % des dirigeants déclarent avoir rencontré des bugs, alors que 64 % les anticipaient, et 34 % ont eu affaire à des clients ou fournisseurs non prêts, contre 59 % qui le craignaient.

L'adhésion recule néanmoins : 54 % des dirigeants jugent la réforme bénéfique pour leur entreprise, contre 59 % en 2025 et 69 % en 2024. Les écarts sectoriels sont marqués. Selon cette étude, 49 % des acteurs du commerce disposent d'un dispositif de réception opérationnel, contre 23 % dans l'industrie, secteur qui signale aussi le plus de difficultés liées à la préparation de ses partenaires.

Le point le plus sensible concerne l'échéance suivante. Au 1er septembre 2027, les PME et les très petites entreprises devront à leur tour émettre leurs factures au format électronique et transmettre les données d'e-reporting. Seuls 14 % des dirigeants s'estiment prêts et 34 % déclarent avoir engagé leur préparation.

Pourquoi c'est important

L'écart entre le bilan officiel et l'état de préparation réel dessine deux calendriers distincts. La réception, qui ne demandait souvent qu'un raccordement et le choix d'une plateforme, est largement couverte. L'émission et l'e-reporting, qui touchent au référentiel clients, aux mentions obligatoires, à la qualité des données de facturation et aux flux sortants de l'ERP, restent devant vous. Pour une PME ou une ETI, ces chantiers ne se traitent pas en quelques semaines : ils supposent un nettoyage des données tiers, des tests de bout en bout avec les partenaires et, souvent, une montée de version du logiciel de gestion. Les difficultés d'interopérabilité reconnues par le ministère confirment par ailleurs qu'un raccordement déclaré conforme ne garantit pas encore des échanges de statuts fiables.

Ce que ça change pour votre projet ERP

Si votre entreprise fait partie du quart sans plateforme désignée, l'absence de sanction en 2026 vous laisse une fenêtre courte, mais elle ne suspend pas l'obligation. Deux vérifications sont prioritaires : la capacité de votre ERP à produire les mentions obligatoires et à transmettre les données d'e-reporting attendues en 2027, et la réversibilité contractuelle de votre plateforme, point de friction explicitement remonté au comité. Si vous arbitrez un remplacement de votre système de gestion, intégrez ces deux critères au cahier des charges, aux côtés de la qualité des interfaces et API disponibles. Notre comparatif des ERP conformes à la facturation électronique détaille le niveau de couverture des principales solutions.

Sources

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