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Éditeurs & marché3 min de lectureLa rédaction ERP Conseil

Licences cloud : l'observatoire ECCO place SAP sous surveillance orange

L'Observatoire européen de la concurrence dans le cloud (ECCO) a publié le 15 septembre 2026 son quatrième rapport. SAP y passe en statut orange, principalement en raison des restrictions encadrant l'accès à ses API par des agents d'intelligence artificielle tiers. Broadcom, propriétaire de VMware, conserve pour sa part le statut rouge.

Un observatoire créé par les hébergeurs européens

L'ECCO a été créé par le CISPE, l'association des fournisseurs d'infrastructure cloud européens. Le Cigref, côté français, et l'association belge Beltug y siègent comme observateurs. L'observatoire attribue aux grands éditeurs un statut vert, orange ou rouge selon leurs pratiques de licence. « L'ECCO a été créé pour examiner les fournisseurs de logiciels dominants qui cherchent à faire pencher le marché du cloud et de l'IA en leur faveur, pour verrouiller les clients et exclure les concurrents », déclare Francisco Mingorance au nom du CISPE.

Le statut orange attribué à SAP signifie, indique le CISPE, que des étapes supplémentaires restent nécessaires pour garantir des conditions de licence équitables en Europe.

Les API et l'IA agentique au cœur du grief visant SAP

Le rapport retient deux reproches. Le premier porte sur des conditions de licence qui orienteraient les clients vers le cloud de SAP plutôt que vers des hébergeurs européens indépendants. Le second, qualifié de préoccupation émergente par le CISPE, concerne les restrictions d'accès aux données par l'IA agentique, une couche qui « devient rapidement l'interface principale des données d'entreprise ». Le média CIO ajoute que l'observatoire vise également un projet de tarification à la capacité, qu'il juge plus favorable aux grandes entreprises.

Ces restrictions découlent de la politique d'API publiée par SAP en avril 2026. Selon SAPinsider, elle encadre plus strictement les systèmes « qui décident eux-mêmes quelles API SAP appeler » ainsi que les schémas d'accès permettant une extraction massive de données. SAP a précisé de son côté que les intégrations documentées existantes et les interfaces ABAP spécifiques n'ont pas vocation à être remises en cause. Le DSAG, club utilisateurs germanophone, réclame pour sa part davantage de clarté sur les prix, le traitement contractuel et la visibilité à moyen terme.

Broadcom maintenu en rouge

Le volet VMware du rapport reste le plus sévère. L'ECCO relève la fermeture, en janvier, du principal programme de revente destiné aux fournisseurs cloud, des hausses tarifaires d'un facteur dix au renouvellement rapportées par des membres du CISPE, la disparition des droits BYOL, et un mécanisme intégré à VCF 9 qui dégrade l'environnement de virtualisation si le rapport de conformité n'est pas transmis tous les 180 jours. Microsoft, à l'inverse, améliore sa note après avoir harmonisé le coût des mises à jour de sécurité étendues entre plateformes cloud, indique CIO.

Pourquoi c'est important

Deux sujets très concrets pour une PME ou une ETI française se rejoignent ici. D'une part l'hébergement : beaucoup d'ERP installés chez un infogéreur français tournent sur VMware, et les hausses de licence décrites par l'ECCO finissent dans le prix du contrat d'hébergement, souvent sans que le client en voie le détail. D'autre part l'ouverture des données : si l'accès aux API d'un ERP est conditionné à l'usage des outils d'IA de l'éditeur, le choix d'un assistant ou d'un agent tiers cesse d'être une décision libre du client. Le débat est ouvert par des hébergeurs sur le cas SAP, mais la question vaut pour toute négociation de licence en cours.

Ce que ça change pour votre projet ERP

Vérifiez dès la phase de consultation ce que le contrat autorise en matière d'accès programmatique : quelles API sont documentées et garanties, à quelles conditions un outil tiers peut les appeler, et ce qui se passe si l'éditeur modifie sa politique en cours de contrat. Demandez aussi à votre hébergeur la part des coûts de virtualisation dans son tarif et sa trajectoire de renouvellement. Ces deux points se négocient beaucoup mieux avant la signature qu'au moment du renouvellement : notre guide sur la négociation d'un contrat ERP et celui consacré à l'interopérabilité des ERP détaillent les clauses à sécuriser.

Sources

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