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Études & chiffresLa rédaction ERP Conseil · 4 min de lecture

Achats logiciels : une étude chiffre à 1,6 Md€ le surcoût des PME françaises

Date du fait

Spendesk a mis en ligne le 5 octobre son rapport « European Spend Insights 2026 », bâti sur douze mois de transactions réelles de 2 568 entreprises européennes. L'éditeur français y mesure des écarts de prix de trois à six fois pour un même logiciel entre PME comparables, et chiffre à environ 1,6 milliard d'euros par an le surcoût supporté en France. Les chiffres émanent d'un fournisseur de solutions de gestion des dépenses et reposent sur des extrapolations.

Des écarts de trois à six fois pour le même produit

Le rapport exploite les factures, abonnements et paiements par carte enregistrés entre juin 2025 et juin 2026 dans un panel fixe de 2 568 entreprises réparties sur quatorze pays. Selon l'analyse publiée par Silicon.fr le 13 octobre, 60,5 % de ces entreprises sont françaises, 16 % allemandes et 12,6 % britanniques ; 91 % comptent moins de 250 salariés.

Spendesk compare, pour une trentaine de logiciels facturés à l'utilisateur, le coût mensuel par salarié payé par la médiane du panel à celui du quartile le plus économe. Les ratios relevés par Silicon.fr s'échelonnent de 3,4 pour 1 sur Figma à 4,4 pour 1 sur HubSpot, 8,3 pour 1 sur Atlassian et 9 pour 1 sur Notion. Sur Figma, le rapport cite une facture médiane d'environ 200 euros par mois, contre environ 1 500 euros pour le quartile le plus cher.

Extrapolés à l'Union européenne à partir des données Eurostat, ces écarts représenteraient environ 7 milliards d'euros par an pour les entreprises de 50 à 250 salariés, dont environ 1,6 milliard pour la France. Spendesk y ajoute 3 milliards d'euros liés aux logiciels en doublon, soit un potentiel total d'environ 10 milliards. Procurement Magazine, qui a relayé l'étude le 9 octobre, retient une dépense logicielle moyenne de l'ordre de 213 000 livres sterling par an et par entreprise.

Les doublons se concentrent sur l'IA et le design

Le rapport indique que 72 % des entreprises équipées d'outils d'IA paient simultanément au moins deux produits concurrents, et 64 % sur les outils de design. La France apparaît moins exposée que ses voisins : 63 % des entreprises concernées, contre 74 à 77 % en Allemagne et au Royaume-Uni. Silicon.fr relève d'autres segments à doublons : outils de développement (44 %), automatisation (37 %), gestion de projet (29 %) et CRM (22 %).

La dépense d'IA, elle, a progressé de 340 % en douze mois à nombre d'acheteurs quasi stable. Sur 1 347 entreprises analysées, 60 % présentent une forte variance mensuelle : la facture médiane varie d'environ 61 % d'un mois sur l'autre, et le mois le plus cher peut atteindre huit fois le mois le plus bas. Axel Demazy, directeur général de Spendesk, cité par Procurement Magazine, attribue l'accumulation silencieuse des doublons à l'absence de vision consolidée des abonnements.

Des réserves méthodologiques explicites

Spendesk présente ses chiffres européens comme directionnels. La classification des éditeurs repose sur des règles automatiques, et une partie des abonnements réglés par carte peut être sous-comptée. Le montant de surdépense mesuré dans l'échantillon lui-même varie selon les passages du rapport, entre 67 et 76 millions d'euros. Silicon.fr rappelle en outre que les résultats proviennent d'un éditeur de solutions de gestion des dépenses, et que la profondeur de gamme peut expliquer une partie de l'écart constaté sur Adobe et Atlassian.

Pourquoi c'est important

Pour une PME ou une ETI française, l'enseignement n'est pas le montant extrapolé mais le mécanisme : à périmètre fonctionnel identique, le prix payé dépend surtout de la négociation et de la visibilité sur le parc applicatif. Les deux leviers identifiés par l'étude, écart de tarif et redondance fonctionnelle, sont précisément ceux qui gonflent le coût total de possession d'un système de gestion. Les taux de doublons relevés sur le CRM (22 %) et la gestion de projet (29 %) touchent des domaines que la plupart des ERP couvrent déjà nativement : ces abonnements s'ajoutent souvent au budget applicatif sans arbitrage explicite.

Ce que ça change pour votre projet ERP

Avant de cadrer un projet, dressez l'inventaire des abonnements existants, module par module : facturation, CRM, gestion de projet, achats, automatisation. Chaque fonction déjà couverte par l'ERP cible devient un poste d'économie à documenter dans le dossier d'investissement. Côté contrat, la tarification à l'utilisateur mérite une attention particulière : demandez les paliers, les conditions de réversibilité et un engagement écrit sur les hausses annuelles, comme détaillé dans notre guide pour négocier un contrat ERP. Les mêmes précautions valent pour les modules d'IA facturés à l'usage, dont la volatilité mensuelle relevée par l'étude rend le budget difficile à tenir sans plafond contractuel. Notre analyse du ROI d'un ERP en SaaS détaille les postes à intégrer au calcul.

Sources

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  2. 02
  3. 03
    Spendesk: Rationalising Software Spend Could Save EU £6bn

    Procurement Magazine · 09 octobre 2026

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